Fiction (post-)apocalyptique et usages critiques de l’histoire : "Malevil" (1972) de Robert Merle

Marqué par les dérives d’un XXe siècle tombé dans les pires excès et dans l’horreur nue, Robert Merle, romancier humaniste et engagé, en vient à questionner l’humanité de l’homme. Chez cet écrivain populaire, cela passe par l’inscription dans les genres en vogue de l’anticipation ou de la dystopie o...

Full description

Bibliographic Details
Main Author: Laure Lévêque
Format: Article
Language:English
Published: Lodz University Press 2022-08-01
Series:Acta Universitatis Lodziensis: Folia Litteraria Romanica
Subjects:
Online Access:https://czasopisma.uni.lodz.pl/romanica/article/view/14132
Description
Summary:Marqué par les dérives d’un XXe siècle tombé dans les pires excès et dans l’horreur nue, Robert Merle, romancier humaniste et engagé, en vient à questionner l’humanité de l’homme. Chez cet écrivain populaire, cela passe par l’inscription dans les genres en vogue de l’anticipation ou de la dystopie où les dauphins Fa et Bi sont plus avisés que les humains (Un animal doué de raison, 1967), espèce qui ne mérite pas forcément de se perpétuer (Les hommes protégés, 1974). En 1972, avec Malevil, Merle sacrifie à la littérature post-apocalyptique et imagine qu’une catastrophe nucléaire a ramené l’homme à une condition primaire, situation qui lui sert à penser la crise politique et morale au cœur de la cité. Mais, au-delà de cette classique fonction révélatrice, l’heuristique de la crise confronte Merle aux points aveugles de son référentiel idéologique et le texte met finalement en crise jusqu’aux positions progressistes affichées par l’auteur, rabattant le roman sur les positions réactionnaires qu’un Barjavel développe dans Ravage (1943).
ISSN:1505-9065
2449-8831